Un rêve qui se réalise…

J’ai toujours eu une fascination pour les mandalas. Ce mot, qui désigne un cercle, est composé des termes « manda », signifiant « essence », et « la » qui veut dire « contenant ». Il vient du sanskrit, un langage ancien et sacré, parmi les langues indo-européennes les plus vieilles, plus encore que le latin et le grec. Il est employé notamment comme langage liturgique de l’hindouisme ou du bouddhisme. Il est également le dialecte du yoga.

Les mandalas sont utilisés de multiple façon et dans diverses religions. Dans le bouddhisme, par exemple, ils représentent la symbolique de l’univers avec son centre et son expansion. Il sert de support à la méditation et il facilite la concentration. Traditionnellement, les mandalas sont conçus avec du sable de différentes couleurs par des moines. C’est un travail extrêmement minutieux qui peut demander des semaines, voir des mois à mettre en place ! Pourquoi donc les faire en sable ? Le Dalaï-Lama a imaginé un modèle très complexe pour promouvoir la paix dans le monde. Lorsqu’il est en visite quelque part, un mandala de sable est préparé et offert aux hôtes de l’évènement. À la fin de celui-ci, il est simplement détruit et le sable est recueilli, puis jeté à la rivière pour rappeler que tout est éphémère, comme la vie elle-même. Peu importe nos accomplissements, nos envies et nos tracas, nous retournerons tous en poussière à la terre.

Mise à part leur utilité, ce sont aussi des œuvres d’art incroyable ! J’aime me plonger dans les détails d’une toile et ces peintures sont pour moi, le reflet de la perfection. Les thèmes abordés aujourd’hui par les mandalas peuvent être modifiés à l’infini. Bien qu’habituellement, ils ont des significations bien précises, soit le sacré et les divinités. Représentant le feu, l’eau, le vent, la chance et bien d’autres éléments spécifiques, ils sont à présent adaptés à la vie moderne et ils peuvent être conçus sans limites à l’imagination ! Leur coloriage, de plus en plus populaire, aide à se connecter au moment présent, à se détendre, à réduire le stress, à lâcher prise et à prendre un moment pour soi.

On remonte à 2016, où je cherchais un endroit pour recevoir une formation de création de mandalas. J’en apprends un peu plus sur cet art puissant et me retrouve donc, sur le site web du plus vieil institut de peinture tangka au Népal et j’en suis renversée ! Depuis, l’idée a germée en moi de me rendre à cet endroit, pour en savoir plus. À l’époque, je crois que c’est un rêve trop grand et trop fou pour moi ! En 2020, je prends quand même la chance d’écrire à l’établissement d’enseignement pour avoir de plus amples informations.

Avec mes projets entrepreneuriaux florissants, en 2022, je décide que ce n’est plus un fantasme inaccessible, mais un but et même une destination. Je recontacte l’école pour connaître les détails sur les formations proposées. Ça tombe bien, en plus des cursus classiques, qui s’échelonnent sur plusieurs années, ils offrent aux touristes des ateliers qui peuvent durer quelques heures ou quelques journées, à leur convenance. On peut y apprendre comment dessiner une tête de Bouddha avec les proportions acceptables ou reproduire un mandala traditionnel.

La suite dépasse toute espérance. Pendant mon séjour à Bhaktapur, j’ai été prise sous l’aile protectrice de Dorje lama, un moine tibétain adorable, qui m’a guidée, bien que l’on ne parlait pas la même langue. À travers les jours, j’ai pu concevoir un mandala traditionnel, mais avec ma touche rebelle évidemment ! J’ai trouvé le processus très ardu et ça m’a donné l’humilité de comprendre qu’il fallait énormément de pratique pour arriver à de bons résultats. J’ai été accueillie avec tellement d’amour et de bienveillance par toute l’équipe que cette expérience sera gravée dans mon cœur à tout jamais !

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